Feux de forêt en Gironde : le témoignage du caporal Jordan Collet
Une semaine au cœur d’un important dispositif de lutte contre les incendies
Cet été, plusieurs sapeurs-pompiers du centre de secours de Cossé-le-Vivien ont été mobilisés sur des feux d’espaces naturels à travers la France. Parmi eux, le sergent-chef Émilien Lecomte et le caporal Jordan Collet ont rejoint un dispositif de renfort en Gironde pour une semaine.
Prévenus le dimanche de leur départ, ils ont rejoint la Gironde dès le lendemain, lundi 27 juillet, pour prendre le relais d’une équipe engagée depuis plusieurs jours. Une mobilisation organisée dans un délai très court, qui a nécessité une forte réactivité de la part du centre de secours, mais aussi des employeurs des sapeurs-pompiers volontaires.
Le caporal Jordan Collet revient sur cette semaine particulière, les missions réalisées sur le terrain, les conditions d’intervention et la solidarité qui s’est organisée autour des équipes engagées.
Une mobilisation organisée en quelques heures
« Nous avons été prévenus le dimanche de notre départ pour la Gironde. »
La mobilisation s’est donc faite dans un délai très court. Le chef de centre de Cossé-le-Vivien a rapidement organisé le départ et constitué l’équipe afin que les sapeurs-pompiers puissent être opérationnels dès le lendemain.
Pour Jordan Collet, cette réactivité repose également sur la compréhension de son employeur, qui lui a permis de se libérer rapidement pour rejoindre la mobilisation.
« Derrière chaque départ, il y a aussi un employeur qui accepte de libérer son salarié, parfois dans un délai très court. »
Un aspect essentiel de l’engagement volontaire, qui permet aux sapeurs-pompiers de répondre présents lorsqu'ils sont sollicités.
Les deux Cosséens sont arrivés en Gironde le lundi 27 juillet vers 15 heures. Ils ont alors pris le relais d’une équipe engagée depuis le samedi.
À leur arrivée, un briefing leur a permis de prendre connaissance de la situation et de l’évolution du feu. Ils savaient alors que plusieurs jours d’engagement intense les attendaient.
Anticiper plutôt que subir le feu
Sur un incendie de forêt de cette ampleur, le travail des sapeurs-pompiers ne consiste pas uniquement à combattre directement les flammes.
Une grande partie de leur mission consiste à anticiper la progression du feu, protéger les zones sensibles et empêcher qu’il ne gagne du terrain.
Au cours de la semaine, Jordan Collet et Émilien Lecomte ont ainsi pu être engagés pour défendre des habitations ou des bâtiments menacés, traiter des lisières ou encore intervenir directement dans le massif lorsque les conditions le permettaient.
Le traitement d’une lisière consiste notamment à éteindre les points chauds et les reprises de feu situés en bordure de la zone brûlée, afin d’éviter qu’un incendie ne reparte ou ne progresse vers une nouvelle zone de végétation.
Les conditions peuvent évoluer très rapidement en fonction du vent, de la végétation et du relief. La vigilance et l’anticipation sont donc permanentes.
« Sur un feu de forêt, lorsqu’on attend que les flammes soient devant soi pour commencer à agir, on a déjà perdu beaucoup de temps. »
Caporal Jordan Collet
Protéger les habitants et leurs habitations
Parmi les interventions qui ont particulièrement marqué Jordan Collet, l’une s’est déroulée alors que le feu menaçait une zone habitée.
Dans ce type de situation, la protection des personnes et des bâtiments devient prioritaire. L’équipe a notamment dû protéger des habitations et évacuer des chiens encore présents sur place.
Une situation particulièrement marquante pour les secours, confrontés à des habitants contraints de quitter leur maison parfois très rapidement, avec l’incertitude de savoir dans quel état ils la retrouveront.
Pour les sapeurs-pompiers, malgré cette dimension humaine, la priorité reste de garder son sang-froid et de mettre en place la meilleure défense possible.
La lutte dans la durée
Même lorsque les flammes semblent moins importantes, l’intervention se poursuit. Les secteurs maîtrisés doivent être surveillés afin de repérer les reprises : une souche, un arbre ou une zone de végétation peuvent continuer à se consumer et provoquer un nouveau départ de feu plusieurs heures plus tard.
La gestion de l’eau est également essentielle. Les distances entre les zones d’intervention et les points de ravitaillement peuvent être importantes. Des agriculteurs sont ainsi venus avec leurs citernes pour approvisionner les équipes au plus près du feu, leur permettant de rester plus longtemps sur le terrain.

Feux de forêt
Des conditions de vie particulières
Après plusieurs heures d’intervention, les conditions de récupération étaient rudimentaires. Les sapeurs-pompiers dormaient notamment sur des lits de camp, parfois dans les jardins de maisons évacuées. Une salle de sport avait également été aménagée pour les repas et les temps de repos, avec l’aide de bénévoles pour assurer la logistique et les produits de première nécessité.
Dans certains secteurs évacués, les routes étaient quasiment désertes. Entre les fumées, les engins de secours et les habitations vidées de leurs occupants, Jordan Collet décrit une ambiance particulièrement marquante, donnant parfois l’impression d’un « climat de guerre », sans comparaison sur le fond avec un conflit.
Une véritable chaîne de solidarité
Au-delà de l’intervention des sapeurs-pompiers, Jordan Collet retient surtout la cohésion et la solidarité qui ont entouré cette mobilisation. Sapeurs-pompiers venus de différents départements, bénévoles et agriculteurs ont chacun contribué, à leur niveau, à permettre aux équipes de tenir dans la durée.
« Même lorsqu’on vient de départements différents, on partage les mêmes méthodes, les mêmes réflexes et surtout la même culture du travail en équipe. »
Caporal Jordan Collet
Cette mobilisation en Gironde s’inscrit également dans un engagement plus large du centre de secours de Cossé-le-Vivien. Plusieurs autres sapeurs-pompiers cosséens ont été engagés sur différents feux, notamment dans le Sud de la France et dans le Maine-et-Loire.



